Fionareverdy

18/01/2012

Velours Rouge – Red Velvet

Filed under: Writing - écrits — admin @ 1:41

The written piece Red Velvet was first published in November 2011  by Semenoir along with the first visual work (more here)

L’écrit Velours Rouge a été publié en novembre 2011 by Semenoir, accompagné de la première image (voici la suite)

 

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Histoires la nuit

 

Velours rouge

 

La femme a 42 ans, je la suis, montant son escalier en spiral, très

sombre, l’enchâssement spiral contraire aux aiguilles d’une montre,

les marches, les barres, tout, recouverts d’un velours rouge-sombre

avec chaque marche saillant du mur de droite entièrement lisse, rien

à tenir par les mains, chaque marche aussi petite que celle

d’un escabeau et chaque marche qui pivote sous le pied, et

pour ancrer mon équilibre alors que je progresse vers le haut, je tiens

les barres en velours sur le mur de gauche, l’axe de l’escalier, et

plus haut, le mur de gauche devient lisse, plus rien pour tenir.

[« mais comment pouvais-tu continuer ? »

« je l’ai fait, je ne sais pas comment. »]

 

L’escalier débouche dans une très grande pièce, tout est rectangulaire,

les fenêtres, la grande table, tout est inondé d’une lumière blanche.

« Bien venue dans La Pièce ! » dit-elle

et c’est un vrai plaisir.

 

 

 

Night time stories

 

Red velvet

 

The woman is 42, I follow her up her spiral staircase, very dark,

upward anticlockwise spiral encasement, steps,

bars, everything, covered in dark red velvet with each step

protruding from the completely smooth right-hand wall,

no hand-holds, each step as small as that of a step-ladder and every

step pivots underfoot, and to anchor my balance as I progress

upwards, I hold the velvet bars on the left-hand

wall, the stair hub, and further up, the left-hand wall becomes

smooth-surfaced, no more hand-holds.

[“but how could you continue?” “I just did, I’m not sure how.”]

 

The stairs emerge into a very large room, everything rectangular,

windows, large table, everything flooded in white light.

“Welcome to The Room!” she says

and it is indeed a pleasure.

 

 

 

fiona reverdy

 

 

 

Dark red velvet – Velours rouge sombre

Filed under: Histoires la nuit — admin @ 1:36

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The written piece Red Velvet was first published in November 2011  by Semenoir along with the first visual work. Here follows more.

L’écrit Velours Rouge a été publié en novembre 2011 by Semenoir, accompagné de la première image. En voici d’autres.

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Red Velvet – Velours Rouge

Fiona Reverdy

 

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04/11/2011

maryse hache / c’était daffodils and lily-of-the-valley#vasescommunicants nov 2011

Filed under: communicating vessels — admin @ 12:01

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c’était daffodils and lily-of-the-valley

 

 

 

 

c’était daffodils and lily-of-the-valley

c’était livre rouge carpenter-fialip

c’était apprentissage de l’anglais en classe de cinquième

c’était may be contes d’oscar wilde

 

fleurs

 

c’était au jardin de printemps

jonquilles

narcisses doubles couleur jaune pâle crème un peu curled

narcisses de poète blanc et cercle rouge au cœur hampe dressée verte

parfum sucré frais

i breathe it down deeply

 

c’était au jardin d’été

héron cendré en visite-surprise pattes sur maçonnerie dans le bassin

immobile comme appeau tête tournée

soudain il plonge la tête pour un poisson rouge

puis déploiement des ailes juste suffisant pour passer le petit mur

nous quitte sans métamorphoses

 

 

c’était à la nuit

quelquefois je dessinais les feuilles des arbres

presque toute la nuit la main traçait les lignes

encre de chine ou fusain

feuille tenue dans l’autre main ou posée dans un verre

jeu de doigts de poignet de pinceau de bambou

grands veilleurs du moment présent au-dessus de l’épaule

les matisse kelly motherwell

les twombly les rembrandt les dürer

et soudain c’était fini ça s’arrêtait c’était l’heure de choisir

l’heure des déchirures des abandons

l’heure de n’en garder que quelques uns

 

 

c’était ici et maintenant

laisser le regard quitter les branches du tilleul

se laisser absorber par les bourraches et leur bleu

saluer l’aubépines ses fleurs blanches de printemps et son bruissement d’abeille

passer par dessus le bassin

remarquer le frottement des elytres : c’est la libellule et son bleu-vert

et goûter au rouge au blanc au bleu des sauges à odeur de miel âcre

atteindre la ferrure rouillée-rusted où se palisse le rosier veilchen à fleurs violette et rose

où se lancent les tiges du rosier cuisse-de-nymphe-émue rose pâle

et être surprise par le grenat des roses trémières contre le mur

puis laisser glisser le regard le long des buis

le laisser s’attarder dans le carré des roses

jusqu’au cerisier montmorency

et parvenir au carré des pivoines où ça juponne duo

avec les grands pavots

tiens il y a ici visite d’asclépiades à senteur d’héliotrope

 

 

 

et la voir  à la grille

au-delà du grand noyer

entre troènes et noisetier

bonheur

la belle personne était venue

 

oh qu’elle entre dans le poème

 

 

 

le vent se lève

je m’en irai bientôt

 

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As a part of ‘communicating vessels’, I welcome Maryse Hache, her text and artwork, and I thank her for having invited me to share our work. She is showing my piece “red velvet” on the  Semenoir.

Dans le cadre des ‘vases communicants’, j’accueille Maryse Hache, son texte, ses dessins et peintures, et je la remercie de m’avoir invitée à mélanger notre travail. Elle accueille le mien « velours rouge » au Semenoir.

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en savoir plus sur les vases communicants:

« Le premier vendredi du mois, depuis juillet 2009, est l’occasion de vases communicants  : idée d’écrire chez un blog ami, non pas pour lui, mais dans l’espace qui lui est propre. Autre manière d’établir un peu partout des liens qui ne soient pas seulement des directions pointant vers, mais de véritables textes émergeant depuis. » pierre ménard, liminaire

ne pas écrire pour, mais chez l’autre

tous les textes, réunis par pierre ménard

pour connaître la liste de tous les participants de novembre cliquez chez brigetoun

 

 

 

29/09/2011

Daffodil

Filed under: Flower time — admin @ 9:55

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Daffodils and Narcissus

Fresh daffodils and narcissus, the perfume! I breathe it down deeply  .  .  .

Jonquilles et narcisses frais, le parfum ! je l’inspire profondément   .  .  .


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Daffodils and Narcissus

Filed under: Writing - écrits — admin @ 9:55

 

 

 

 

Daffodils and Narcissus

 

 

Fresh daffodils and narcissus, the perfume! I breathe it down deeply

slowly tightening my throat as for nourishment,

their structured beauty, unfurled petals orange cone,

blues and purples in the air, a chosen fragment of rainbow

this sudden beauty in March

dried out in April, the petals with the hope of how they used to be,

exquisite, diminished forever

and below the green brilliant in its cold green blue, emerald

vibrant beneath the dry flower, the seed pod is revealed, enormous.

 

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watercolours here

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Jonquilles et Narcisses

 

 

Jonquilles et narcisses frais, le parfum ! je l’inspire profondément

lentement en resserrant ma gorge pour mieux m’en nourrir,

leur beauté structurée, pétale étendu cône orange,

violets et bleus dans l’air, fragment choisi d’arc en ciel

cette beauté soudaine en mars

desséchée en avril, les pétales avec l’espoir de ce qu’ils avaient été,

exquis, amoindris à jamais

et en dessous le vert éclatant dans le froid du bleu vert, émeraude

vibrant sous la fleur sèche, le bulbe des graines se révèle énorme.

 

 

aquarelles ici

 

 

FIONA REVERDY

 

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31/05/2011

Fiona Reverdy

Filed under: 1 Fiona Reverdy — admin @ 6:13

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FIONA  REVERDY

contact :  fionareverdy@dbmail.com

 

 

 

artiste peintre, née en 1953 dans le Yorkshire en Angleterre, vit et travaille à Paris.

 

Mon travail est dans le rêve et la réalité mêlés, un seul lieu que j’appelle Lieu Frontière.

Je vis et je travaille avec cette interpénétration des rêves et de la perception des phénomènes et des micro-événements qui souvent ne sont pas remarquables dans la vie de tous les jours. Cet indéfini, qui peut échapper au regard ordinaire, crée pour moi des configurations dont les visions deviennent des images phantasmatiques de la même nature que celles des rêves, elles me fascinent et pour moi sont porteuses de sens. Je ne les recherche pas, mais je les accepte quand elles se présentent.

Avec le temps, j’ai reconnu que certaines choses entraient plus particulièrement en résonance avec moi, que certains lieux me mettaient dans un état d’éveil qui déclenchait l’envie de dessiner, de peindre ou de graver, l’envie de matérialiser ce que j’avais perçu, l’envie d’en parler.

Dans le quotidien : des éléments, des hasards, souvent banals m’ouvrent une porte et une image s’impose, image charnière, qui bascule dans une autre réalité.

Dans la nature : les lierres d’un sous-bois dans l’Oxfordshire, certains rochers immergés dans la mer d’Iroise, les pierres et les rochers d’un torrent d’une gorge du Vallespir, l’eau thermale du Monjolet, le chant des oiseaux, des insectes, l’eau, l’air, le vent, la pluie . . . .

Dans les cahiers de rêve : où  je dessine et j’écris mes rêves, histoires la nuit.

Le lieu frontière apparaît sans repères de nul part, il existe simultanément avec n’importe où, il donne du potentiel.

 

Expositions

2009        « Voir en rêvant » peintures, écrits, video, photo – Studio 8, Paris

2008        « The green man »  peintures, dessins – Norton Holt, Oxfordshire, UK

2007        « Les Formes Mouvantes »  peintures, écrits – Studio 8, Paris

2006        « Mountains »  peintures – Métiers d’Art St Roch, 66400 Céret

2005        « Halys » dessins, écrits – Studio Yaya, 66150 Arles sur Tech

2003        « La Cougouillade »  peintures, écrits – Studio Yaya 66150 Arles sur Tech

2001        « Parallel Worlds »  peintures, gravures – Studio 8, Paris

1998        « Dreams »  peintures – Atelier 5, Paris

1987-94      Peintures, gravures, – Galerie Alias, Paris

1995        « Chink in the wall »  peintures – galerie Christian Alexandre à Tanlay

1994           Gravures – Triennale Internationale de l’Estampe à Chamalières

1991           Gravures – Triennale Internationale de l’Estampe à Chamalières

Enseignement

1993-95   Atelier rue de la Loire : gravure, modelage, dessin, peinture, 45250 Ousson s Loire

1994        Intervenant classe verte enfants : activités manuelles, plâtre, monotype, 45500 Gien

1992-93   Atelier Talmen, enseignement de la peinture, 29790 Pont-Croix

1989-92   Thérapie par un travail avec la terre et le dessin, avec des personnes hémiplégiques et avec des enfants dyslexiques

1985-87   Assistante taille-douce, Atelier 11, Paris

1984-86   Professeur modélage et céramiqueAtelier des Beaux-Arts de la Ville de Creil, 60100

Études d’art

1980-84   ABAC Creil: études céramique et taille-douce.

1975-79   Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, section peinture, atelier Pierre Matthey

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FIONA  REVERDY

contact:  fionareverdy@dbmail.com

 

artist, born 1953, Yorkshire, England – lives in Paris, France.

 

My work is reality and dream melded into one, a place I call the Frontier place.

I live and work with this interpenetration of dreams and perception of small phenomena and micro-events that often go unnoticed in everyday living. The « undefined » which may escape the ordinary way of looking, creates configurations whose visions can become imperative images for me, phantasmatic images of a dream nature: they fascinate me and convey meaning, I don’t seek them out, but accept them when they appear.

Through time, I’ve realised that I enter into resonance with certain things more particularly, and that in certain places I feel a watchfulness compelling me to draw, to paint, to engrave: the need to materialise what I’ve perceived, to share it.

In everyday life : certain haphazard and often banal things will open a door onto images, ‘hinge’ images, that pivot into an ‘other’ reality.

In nature : ivy trees in an Oxfordshire wood, immerged rocks in the Iroise sea, the stones and rocks of a mountain stream in a Vallespir gorge, the thermal spring water of Monjolet, the sounds of birds, insects, water, air, wind, rain  . . .

In dream books : where I draw and write down my dreams, night time stories.

The frontier place appears out of nowhere, exists simultaneously with anywhere, gives potential.

 

Exhibitions

2009        « Voir en rêvant » peintures, écrits, video, photo – Studio 8, Paris

2008        « The green man »  peintures, dessins – Norton Holt, Oxfordshire, UK

2007        « Les Formes Mouvantes »  peintures, écrits – Studio 8, Paris

2006        « Mountains »  peintures – Métiers d’Art St Roch, 66400 Céret

2005        « Halys » dessins, écrits – Studio Yaya, 66150 Arles sur Tech

2003        « La Cougouillade »  peintures, écrits – Studio Yaya 66150 Arles sur Tech

2001        « Parallel Worlds »  peintures, gravures – Studio 8, Paris

1998        « Dreams »  peintures – Atelier 5, Paris

1987-94      Peintures, gravures, – Galerie Alias, Paris

1995        « Chink in the wall »  peintures – galerie Christian Alexandre à Tanlay

1994           Gravures – Triennale Internationale de l’Estampe à Chamalières

1991           Gravures – Triennale Internationale de l’Estampe à Chamalières

Art teaching

1993-95   Atelier rue de la Loire : gravure, modelage, dessin, peinture, 45250 Ousson s Loire

1994        Intervenant classe verte enfants : activités manuelles, plâtre, monotype, 45500 Gien

1992-93   Atelier Talmen, enseignement de la peinture, 29790 Pont-Croix

1989-92   Thérapie par un travail avec la terre et le dessin, avec des personnes hémiplégiques et avec des enfants dyslexiques

1985-87   Assistante taille-douce, Atelier 11, Paris

1984-86   Professeur modélage et céramiqueAtelier des Beaux-Arts de la Ville de Creil, 60100

Art Studies

1980-84   ABAC Creil: études céramique et taille-douce.

1975-79   Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, section peinture, atelier Pierre Matthey

26/02/2011

Unseal the Five – Décacheter le Cinq

Filed under: Histoires la nuit — admin @ 9:01

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Night time stories

Unseal the five



The rusted iron ladder had been left in the stream,
for safety. Beyond, all was overgrown with bush and briar
and there deep within, were herons.

Those herons, what was the feeling? why herons?
the place unsuited to discerning the airborne creatures
crouched in earthy undergrowth, for a long time,
in secret.

It was our land, recently so, but the herons
in their obscurity . . .

Then, something changed, they moved towards us,
they came out of the bushes.
The herons had become men.
They were offering us what they had kept
for a long time.

Unseal the five.

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Histoires la nuit

Décacheter le cinq


L’échelle en fer rouillée était couchée dans le ruisseau,
par sécurité. Au-delà, c’était envahi par des buissons
et des ronces et puis là, dedans, il y avait des hérons.

Quelle sensation ces hérons ? pourquoi des hérons ?
dans un lieu non propice, quel effet de les savoir, eux, si aériens,
blottis dans ces buissons terreux, depuis longtemps,
en secret.

C’était notre lieu, depuis peu, mais les hérons
dans leur pénombre . . .

Puis, il y eut un changement, ils venaient vers nous,
ils sortaient des buissons.
Les hérons étaient devenus des hommes.
Ils nous offraient ce qu’ils avaient gardé
depuis longtemps.

Décacheter le cinq.

 

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fiona  reverdy

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30/01/2011

Rue des Jardins

Filed under: Life — admin @ 7:05

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Rue des Jardins

J’ai entendu dire une fois dans un rêve
« Je n’y habite plus, mais j’ai quelque chose à montrer ».

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Rue des Jardins

J’ai entendu dire une fois dans un rêve
« Je n’y habite plus, mais j’ai quelque chose à montrer ».

Rue des Jardins, j’avais pour habitude de dessiner les feuilles des
arbres aux alentours, assise avec mes genoux appuyés et froids contre
la fenêtre du deuxième étage, observant les feuilles, regardant mon
dessin prendre forme. Parmi les feuilles, il y avait une maison, avec un
rosier rouge foncé grimpant très haut. Souvent, j’entendais une porte
et voyais une femme venir et marcher tranquillement dans son jardin,
autour des arbres, inconsciente de tout regard, et puis partir sur sa
bicyclette. Plus tard, je la voyais revenir, un détail en dessous des
feuilles et au-delà du papier et du crayon sur mes genoux.
Elle n’a jamais su que j’étais là, dessinant les arbres, la voyant
souvent, et peu importe, puisque depuis lors les feuilles sont tombées
au sol bien trente fois déjà. Et elle . . ?

En ce temps-là, j’écrivais seulement mes rêves.
Rue des Jardins, je n’y habite plus.

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Rue des Jardins

I once heard said in a dream
« I no longer live there, but I have something to show ».

Rue des Jardins, I used to draw the leaves of the
surrounding trees, sitting with my knees pressed cold to
the window on the second-floor, watching the leaves,
seeing my drawing take form. Amongst the leaves, there
was a house, with a dark red rose climbing high. Often, I
heard the door and saw a woman come and walk quietly
around her garden, around the trees, oblivious of any
onlooker, and then leave on her bicycle. Later I would see
her return, incidental below the leaves and beyond the
paper and pencil on my knee.
She never knew I was there, drawing the trees, seeing her
often, and no matter, since then the leaves have fallen to
the ground full thirty times. And she . . ?

Back in those days, I wrote only my dreams.
Rue des Jardins, I no longer live there.

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FIONA REVERDY

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16/11/2010

Corcambon

Filed under: Life — admin @ 11:21

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Corcambon, un étang.

On ira à Corcambon demain.
Oui, c’est bien.
Où est-ce qu’on va ?
à Corcambon.

Je ne veux plus y aller.
Si, si, on y va.

C’est bien, on y va.

[Il avait dit : « C'est merveilleux. Je peux être
près de toi, côte à côte à regarder l'étang, et
pouvoir me sentir seul. » ]

Les chaises pliantes ont été retrouvées dans le grenier,
maintenant sur le terre-plein, installés
côte à côte
devant l’étang, ils sont assis.

Le chant du coucou emplit l’étang.
Le vent se lève, et ils s’en iront.

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Corcambon, a lake.

We’ll go to Corcambon tomorrow.
Yes, that’s fine.
Where are we going?
to Corcambon.

I don’t want to go any more.
Yes, I tell you, we’re going.

That’s fine then, we’re going.

[He had said: "It's wonderful. I can be
near you, side by side, gazing at the lake, and
feel quite alone."]

The folding chairs had been found in the attic,
now set out on the cleared ground,
side by side
in front of the lake, they are sitting.

The cuckoo song fills the lake.
The wind is rising, they will leave.

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FIONA REVERDY

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27/09/2010

this old lady – cette vieille dame

Filed under: Life — admin @ 10:33

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This old lady, leaning back her head and
closing her eyes as I pluck out the stubble
hairs on her chin,
stretching out a hand, watching me as I hold
each finger in turn and cut and clean her nails.

This old lady almost smiling
as my almost monologue invites her away into memory,
beckoning her old memories to sit with us.

This old lady,
looking quietly unseeing towards some far horizon
as I bend behind over her purple ochre flesh
and clean away the earth ochre excrement.

This old lady, as I bend low over her each foot and
hold each toe to cut those old nails,
this closeness and the feeling they could be mine.

This old lady, now saying how good, how good,
this warm water on her cold, cold feet as I bathe them.

This old lady, accepting, watching,
but, this old lady, she has no need of any of this.

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this-old-lady mine de plomb 9x9cm

Cette vieille dame, appuyant sa tête vers l’arrière en
fermant les yeux alors que j’épile les poils de son menton,
tendant sa main, me regardant alors que je tiens chaque
doigt tour à tour et coupe et nettoie ses ongles.

Cette vieille dame souriant presque,
alors que mon presque monologue l’invite loin dans sa
mémoire, faisant signe à ses vieux souvenirs de venir
s’asseoir avec nous.

Cette vieille dame, regardant tranquillement sans voir
vers un certain horizon lointain
alors que, derrière, je me penche sur sa chair violet ocre
et nettoie l’excrément ocre terre.

Cette vieille dame, alors que je me courbe bas sur chaque
pied et tient chacun de ses doigts pour couper ces vieux
ongles, cette proximité et le sentiment qu’ils pourraient
être les miens.

Cette vieille dame, disant maintenant combien c’est bon,
c’est bon cette eau chaude sur ses pieds froids, si froids,
alors que je les baigne.

Cette vieille dame, acceptant, regardant,
mais, cette vieille dame, elle, n’a nul besoin de tout ceci.

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