Fionareverdy

27/02/2012

paupières baissées

Filed under: Writing - écrits — admin @ 4:49

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Paupières baissées dans le soleil

le soleil devant l’œil derrière

l’ombre des pierres sur le chemin

est rouge

 

 

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Eyelids lowered against the sun

the sun above the eye behind

the shadow of stones on the track

is red

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18/01/2012

Velours Rouge – Red Velvet

Filed under: Writing - écrits — admin @ 1:41

The written piece Red Velvet was first published in November 2011  by Semenoir along with the first visual work

L’écrit Velours Rouge a été publié en novembre 2011 by Semenoir, accompagné de la première image

 

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Histoires la nuit

 

Velours rouge

 

La femme a 42 ans, je la suis, montant son escalier en spiral, très

sombre, l’enchâssement spiral contraire aux aiguilles d’une montre,

les marches, les barres, tout, recouverts d’un velours rouge-sombre

avec chaque marche saillant du mur de droite entièrement lisse, rien

à tenir par les mains, chaque marche aussi petite que celle

d’un escabeau et chaque marche qui pivote sous le pied, et

pour ancrer mon équilibre alors que je progresse vers le haut, je tiens

les barres en velours sur le mur de gauche, l’axe de l’escalier, et

plus haut, le mur de gauche devient lisse, plus rien pour tenir.

[« mais comment pouvais-tu continuer ? »

« je l’ai fait, je ne sais pas comment. »]

 

L’escalier débouche dans une très grande pièce, tout est rectangulaire,

les fenêtres, la grande table, tout est inondé d’une lumière blanche.

« Bien venue dans La Pièce ! » dit-elle

et c’est un vrai plaisir.

 

 

 

Night time stories

 

Red velvet

 

The woman is 42, I follow her up her spiral staircase, very dark,

upward anticlockwise spiral encasement, steps,

bars, everything, covered in dark red velvet with each step

protruding from the completely smooth right-hand wall,

no hand-holds, each step as small as that of a step-ladder and every

step pivots underfoot, and to anchor my balance as I progress

upwards, I hold the velvet bars on the left-hand

wall, the stair hub, and further up, the left-hand wall becomes

smooth-surfaced, no more hand-holds.

[“but how could you continue?” “I just did, I’m not sure how.”]

 

The stairs emerge into a very large room, everything rectangular,

windows, large table, everything flooded in white light.

“Welcome to The Room!” she says

and it is indeed a pleasure.

 

 

 

fiona reverdy

 

 

 

29/09/2011

Daffodils and Narcissus

Filed under: Writing - écrits — admin @ 9:55

 

 

 

 

Daffodils and Narcissus

 

 

Fresh daffodils and narcissus, the perfume! I breathe it down deeply

slowly tightening my throat as for nourishment,

their structured beauty, unfurled petals orange cone,

blues and purples in the air, a chosen fragment of rainbow

this sudden beauty in March

dried out in April, the petals with the hope of how they used to be,

exquisite, diminished forever

and below the green brilliant in its cold green blue, emerald

vibrant beneath the dry flower, the seed pod is revealed, enormous.

 

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Jonquilles et Narcisses

 

 

Jonquilles et narcisses frais, le parfum ! je l’inspire profondément

lentement en resserrant ma gorge pour mieux m’en nourrir,

leur beauté structurée, pétale étendu cône orange,

violets et bleus dans l’air, fragment choisi d’arc en ciel

cette beauté soudaine en mars

desséchée en avril, les pétales avec l’espoir de ce qu’ils avaient été,

exquis, amoindris à jamais

et en dessous le vert éclatant dans le froid du bleu vert, émeraude

vibrant sous la fleur sèche, le bulbe des graines se révèle énorme.

 

 

 

 

FIONA REVERDY

 

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26/02/2011

Unseal the five – Décacheter le cinq – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 7:33

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Night time stories

Unseal the five

The rusted iron ladder had been left in the stream,
for safety. Beyond, all was overgrown with bush and briar
and there deep within, were herons.

Those herons, what was the feeling? why herons?
the place unsuited to discerning the airborne creatures
crouched in earthy undergrowth, for a long time,
in secret.

It was our land, recently so, but the herons
in their obscurity . . .

Then, something changed, they moved towards us,
they came out of the bushes.
The herons had become men.
They were offering us what they had kept
for a long time.

Unseal the five.

 

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Histoires la nuit

Décacheter le cinq

 

L’échelle en fer rouillée était couchée dans le ruisseau,
par sécurité. Au-delà, c’était envahi par des buissons
et des ronces et puis là, dedans, il y avait des hérons.

Quelle sensation ces hérons ? pourquoi des hérons ?
dans un lieu non propice, quel effet de les savoir, eux, si aériens,
blottis dans ces buissons terreux, depuis longtemps,
en secret.

C’était notre lieu, depuis peu, mais les hérons
dans leur pénombre . . .

Puis, il y eut un changement, ils venaient vers nous,
ils sortaient des buissons.
Les hérons étaient devenus des hommes.
Ils nous offraient ce qu’ils avaient gardé
depuis longtemps.

Décacheter le cinq.

 

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30/01/2011

Rue des Jardins – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 7:43

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Rue des Jardins

J’ai entendu dire une fois dans un rêve
« Je n’y habite plus, mais j’ai quelque chose à montrer ».

Rue des Jardins, j’avais pour habitude de dessiner les feuilles des
arbres aux alentours, assise avec mes genoux appuyés et froids contre
la fenêtre du deuxième étage, observant les feuilles, regardant mon
dessin prendre forme. Parmi les feuilles, il y avait une maison, avec un
rosier rouge foncé grimpant très haut. Souvent, j’entendais une porte
et voyais une femme venir et marcher tranquillement dans son jardin,
autour des arbres, inconsciente de tout regard, et puis partir sur sa
bicyclette. Plus tard, je la voyais revenir, un détail en dessous des
feuilles et au-delà du papier et du crayon sur mes genoux.
Elle n’a jamais su que j’étais là, dessinant les arbres, la voyant
souvent, et peu importe, puisque depuis lors les feuilles sont tombées
au sol bien trente fois déjà. Et elle . . ?

En ce temps-là, j’écrivais seulement mes rêves.
Rue des Jardins, je n’y habite plus.

 

 

 

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Rue des Jardins

I once heard said in a dream
« I no longer live there, but I have something to show ».

Rue des Jardins, I used to draw the leaves of the
surrounding trees, sitting with my knees pressed cold to
the window on the second-floor, watching the leaves,
seeing my drawing take form. Amongst the leaves, there
was a house, with a dark red rose climbing high. Often, I
heard the door and saw a woman come and walk quietly
around her garden, around the trees, oblivious of any
onlooker, and then leave on her bicycle. Later I would see
her return, incidental below the leaves and beyond the
paper and pencil on my knee.
She never knew I was there, drawing the trees, seeing her
often, and no matter, since then the leaves have fallen to
the ground full thirty times. And she . . ?

Back in those days, I wrote only my dreams.
Rue des Jardins, I no longer live there.

 

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16/11/2010

Corcambon – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 7:57

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Corcambon, un étang.

On ira à Corcambon demain.
Oui, c’est bien.
Où est-ce qu’on va ?
à Corcambon.

Je ne veux plus y aller.
Si, si, on y va.

C’est bien, on y va.

[Il avait dit : « C’est merveilleux. Je peux être
près de toi, côte à côte à regarder l’étang, et
pouvoir me sentir seul. » ]

Les chaises pliantes ont été retrouvées dans le grenier,
maintenant sur le terre-plein, installés
côte à côte
devant l’étang, ils sont assis.

Le chant du coucou emplit l’étang.
Le vent se lève, et ils s’en iront.

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Corcambon, a lake.

 

We’ll go to Corcambon tomorrow.
Yes, that’s fine.
Where are we going?
to Corcambon.

I don’t want to go any more.
Yes, I tell you, we’re going.

That’s fine then, we’re going.

[He had said: « It’s wonderful. I can be
near you, side by side, gazing at the lake, and
feel quite alone. »]

The folding chairs had been found in the attic,
now set out on the cleared ground,
side by side
in front of the lake, they are sitting.

The cuckoo song fills the lake.
The wind is rising, they will leave.

 

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27/09/2010

This old lady – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 8:00

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This old lady, leaning back her head and
closing her eyes as I pluck out the stubble
hairs on her chin,
stretching out a hand, watching me as I hold
each finger in turn and cut and clean her nails.

This old lady almost smiling
as my almost monologue invites her away into memory,
beckoning her old memories to sit with us.

This old lady,
looking quietly unseeing towards some far horizon
as I bend behind over her purple ochre flesh
and clean away the earth ochre excrement.

This old lady, as I bend low over her each foot and
hold each toe to cut those old nails,
this closeness and the feeling they could be mine.

This old lady, now saying how good, how good,
this warm water on her cold, cold feet as I bathe them.

This old lady, accepting, watching,
but, this old lady, she has no need of any of this.

 

 

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Cette vieille dame, appuyant sa tête vers l’arrière en
fermant les yeux alors que j’épile les poils de son menton,
tendant sa main, me regardant alors que je tiens chaque
doigt tour à tour et coupe et nettoie ses ongles.

Cette vieille dame souriant presque,
alors que mon presque monologue l’invite loin dans sa
mémoire, faisant signe à ses vieux souvenirs de venir
s’asseoir avec nous.

Cette vieille dame, regardant tranquillement sans voir
vers un certain horizon lointain
alors que, derrière, je me penche sur sa chair violet ocre
et nettoie l’excrément ocre terre.

Cette vieille dame, alors que je me courbe bas sur chaque
pied et tient chacun de ses doigts pour couper ces vieux
ongles, cette proximité et le sentiment qu’ils pourraient
être les miens.

Cette vieille dame, disant maintenant combien c’est bon,
c’est bon cette eau chaude sur ses pieds froids, si froids,
alors que je les baigne.

Cette vieille dame, acceptant, regardant,
mais, cette vieille dame, elle, n’a nul besoin de tout ceci.

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20/05/2010

les veilleurs – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 8:03

 

 

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Les Veilleurs

Je les ai vus depuis le chemin côtier qui monte au-dessus de Pors Péron vers le nord, ce chemin qui n’est pas commode pour regarder le paysage puisqu’il faut constamment regarder où l’on met le pied, pour ne pas trébucher, voire pire.
Mais je les ai quand même vus, malgré le vent dans mes oreilles, la senteur sucrée du chèvrefeuille, la peau salée sous la langue, les fourmis à mes pieds, depuis le chemin côtier.

Tous trois étaient couchés, dans le lit de la mer, baignés par elle, ils avaient la tête à l’ouest, le ventre vers le ciel, les pieds vers la côte. Leur respire était la marée et leur temps était lent.

Des amas de rochers anonymes prennent forme pour celui qui les voit.
Je voulais les appeler par un nom. Ils m’apparaissaient sommeiller, veiller, et je les ai appelés les Veilleurs du nord de Pors Péron.

Debout dans l’air vif du sentier côtier, je les regardais, je les sentais dans leur sommeil de roche, leur immobilité caressée par la mer, leur sortie de la terre, et leur seul choix de veiller le moment présent, pour qui veut voir.

 

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The Watchers

I saw them from the coastal path leading northwards above the cove of Pors Péron.
The path narrows down visual walking, as every time your eyes look up to take in the surrounding views you risk tripping or stumbling or worse.

But I saw them nevertheless, despite the wind in my ears, the sweet honeysuckle scents, the salt on licked skin, the ants underfoot; looking out from the coastal path.

All three were lying on the sea-bed, bathed by sea water, their heads pointing westwards, their bellies to the sky, their feet towards the coast. The tide was their breathing and their time was slow.

I wanted to call them by a name, anonymous rock clusters take form for those who see.
They seemed to be half-sleeping, watching, and I called them The Northern Watchers of Pors Péron.

I stood in the sharp air of the coastal path and watched, seeing them in their sleep of rocks, their stillness caressed by the sea, their emergence from the rock-bed, and their only choice, to watch over the present moment, for those who wish to see.

 

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17/05/2010

La Belle Personne – écrit

Filed under: Writing - écrits — admin @ 7:52

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Night stories

The Beautiful Person

I was running away with something precious, something undefined, across an open field and up to the barrier of a wall with barbed wire on top. I had to set down my treasure on top of the wall in order to get over and down the other side even though it was quite low. I realised that someone was leaning against it, in a frozen position, strangely asleep with their arms languorously resting on the top. I did not know this beautiful person, neither masculine nor feminine but with long hair. I did not want him to see my treasure, so close by that I could not take it without surely wakening him. So I remained, motionless.
He awakened, turned towards me without looking at my treasure, and said: « But, you see, there is something you have not seen ». And then I saw, four men surging forward madly out of a wood beyond the field I myself had crossed on the other side of the wall, and I knew they were coming to get the beautiful person. So I took my treasure, a pot filled with pieces of gold, and I poured them onto the wall to satisfy the men.

 

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Histoires la nuit

La Belle Personne

Je m’enfuyais avec quelque chose de précieux, quelque chose qui n’était pas formulé, à travers champ et puis il y avait le barrage d’un mur avec un peu de barbelé dessus ; je l’escaladai mais je dus poser mon trésor sur le haut du mur pour pouvoir descendre de l’autre côté, bien qu’il fût assez bas. Je m’aperçus que quelqu’un y était appuyé, comme dans une position gelée, étrangement endormi avec les bras posés dessus langoureusement. Je ne connaissais pas cette belle personne, ni femme ni homme mais aux cheveux longs, et je ne voulais pas qu’elle voie mon trésor qui était tout près. Je ne pouvais pas l’atteindre sans la réveiller alors je restais figée.
Elle reprit conscience, et se tourna vers moi sans apercevoir mon trésor, me regarda et dit « Mais, tu vois, il y a quelque chose que tu ne vois pas. » et là, je distinguai quatre hommes surgissant, d’un bosquet du côté du mur d’où je venais, dans une course folle ; et je sus qu’ils venaient pour capturer la belle personne. Alors, je saisis mon trésor, un pot rempli de pièces d’or, et je versai l’or sur le mur pour satisfaire les hommes.

 

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25/03/2009

Dragon – woodlands

Filed under: Writing - écrits — admin @ 5:16

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laughing dragon
after dying
sycamore spots and scales

September, walking by the dying sycamores, not wanting to see their sick black-spotted leaves, in the woodlands we stopped to draw.

The man with me was quietly sitting some distance away, drawing a study of trees, his back to me, and I too was drawing, but standing awkwardly, my feet sideways on the steep bank above the stream, constantly restraining small slipping movements on the humid leaves that coated the dark red earth.

As I tried to keep my balance, I faced a broken tree, fallen almost horizontal, that drew me along its split open trunk, fascinating me with a strange intense pleasure as though my eyes were breathing into its metamorphosis, as it arched over the gully it became a dragon incarnate laughing wildly, and as it anchored my imagination I felt something like fever rising.

Wonderful, strong, with its pitiless gaping, its dark energy, its horizontal splitting laughter, it was a dragon, a dragon who couldn’t care less, rearing up and hurling out laughter at the world.

 

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le rire du dragon
après la mort
tâches et écailles du sycomore

Septembre, marcher à côté des sycomores mourants, ne pas vouloir voir leurs feuilles malades tavelées de noir, dans le sous-bois nous nous sommes arrêtés pour dessiner.

L’homme qui était avec moi s’assit plus loin et, tranquille, il entreprit une étude d’arbres, son dos tourné vers moi, et moi aussi je dessinais mais je me tenais debout maladroitement, mes pieds placés de côté sur la pente raide au-dessus du ruisseau, constamment retenant de petits mouvements de glisse sur les feuilles humides qui recouvraient la terre rouge.

Tout en essayant de garder mon équilibre, je faisais face à un arbre cassé, couché presque à l’horizontal, il m’attirait de son tronc fendu grand ouvert, me fascinant avec un plaisir intense étrange comme si mes yeux respiraient au-dedans de sa métamorphose, arqué au travers du ravin il devint un dragon incarné riant furieusement, et alors qu’il ancrait mon imagination je sentais comme une fièvre m’envahir.

Merveilleux, fort, avec sa béance sans pitié, son énergie obscure, son rire horizontal déchirant, il était dragon, dragon qui se moquait de tout, se cabrant et hurlant de rire envers le monde.

 

 

 

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